Émotions Artistiques

L’Exposition

Loman Art Gallery - du 19 au 24 mars 2019






Hélène Jayet 

helenejayet.com
@helene_jayet


Hélène Jayet est née en 1977. Après avoir obtenu son diplôme à l’École de Beaux-Arts de Montpellier, elle complète sa formation à l’École Image Ouverte.

Après plus de 10 ans à Paris, elle s’installe à Montpellier et devient membre du Collectif Transit pendant 2 ans. Ses travaux traitent de l’intimité, de l’histoire, de la mémoire et des questions d’identités. Elle a travaillé sur l’adoption durant de nombreuse années et elle parcourt les rues de Paris à la recherche des plus folles coiffures.
Elle collabore avec la presse pour laquelle elle réalise des portraits et des reportages, et elle acompagne étudiants et lycéens dans des workshops de création photographique.

Ses travaux ont été exposés à la Framer Framed Gallery à Amsterdam, à la Fondation Blachère pendant l’Été de la Photograp hie à Bruxelles, et récemment au Brésil ainsi qu’à la Biennale de Bamako. Hélène Jayet travaille depuis 2012 avec l’Agence Signatures, dont elle est membre depuis 2015.







Colored Only

Chin Up !


Cheveux relaxés, frisés, rasés, tissés, nattés, twist, Bantou knots, dreadlocks…

Je photographie ces modes, en étant attentive à leurs influences et à leurs évolutions. Ce travail se compose de plus de 160 portraits en studio, réalisés en grande partie en France, à Paris et Lille mais également à Amsterdam au Pays-Bas. Ce projet ne prend nullement position sur le débat cheveux naturels ou lissés, il tente plutôt de révéler la diversité capillaire inspirée des savoir-faire ancestraux perdus depuis la colonisation de l’Afrique. En plus de ces pertes de notre patrimoine, la colonisation a aussi sapé l’estime personnelle des noirs sur plusieurs générations.

Je déplace mon studio au gré d’invitations, de concerts ou d’événements.

La pancarte « Colored Only » est explicite et exclut les personnes blanches du dispositif. Je souhaite que ce procédé symbolique provoque le débat de l’égalité pour tous. C’est un studio-happening qui respastialise l’espace public, politique et symbolique et ses color lines, ses lignes de rupture. Maitriser notre image est un ressort pour nous imposer ; dans ce studio, les modèles sont poussés à la performance, à la pose altière presque royale. Ces portraits fixent un désir de notabilité et d’historicité.

La seule consigne que je donne en studio : « Chin Up ! »

S’intéresser au cheveu noir peut paraître anecdotique, mais permet d’évoquer l’histoire, la mémoire, les questions identitaires mais aussi politiques car la coiffure est la traduction formelle de l’identité. Les cheveux sont ici un outil pour débattre des questions liées aux origines, aux influences et de questionner notre propre image. Après 400 ans d’aliénation capillaire, il est temps de muer, de renaître pour retrouver notre « Afrotopos ».

Colored Only découle d’une volonté de donner forme à une image thérapeutique. Chin Up peut se traduire par relever le menton ou tenir tête.

« Repenser et réinvestir notre société » dit l’écrivain Nigérian Wole Soyinka, mais aussi « se décomplexer » nous dit Felwine Sarr dans Afrotopïa.




Anaïs Verspan

anaisverspanart.com
@anaisverspan


Se destinant originellement à l’univers de la mode afro-caribéenne, Anaïs Verspan, encouragée par ses pairs, révèle pour la première fois toutes les facettes de son travail au grand public, dans le cadre d’une première exposition personnelle, intitulé "BigidiPlakata " en avril 2010 à la galerie Imagin’Art à Sainte Rose.

Après ses 3 années d’étude à l’IRAVM (Institut Régional d’Arts Visuels de la Martinique), elle a su élaborer son propre laboratoire afin de trouver l’alchimie d’une signature singulière. Depuis quelques années, elle participe à différents salons contemporains et événements culturels sur la région parisienne comme le GMAC (Grand Marché de l’Art Contemporain de Bastille), Art Shopping, l’Art Abordable, Place aux Artistes, Portes Ouvertes d’Ateliers d’Artistes...

"Oscillant entre figuration et abstraction lyrique, elle transcende ses blessures culturelles en se livrant à un corps à corps avec la matière, révélant ainsi des effets de contrastes des noirs mats/brillants très complexes. Que ce soit dans ses œuvres figuratives où le pied opère comme l’emblème de tout un peuple en marche, ou dans ses abstractions, c’est avant tout la verticalité qui saisit le spectateur. Faisant écho au concept de l’homme debout, les coulures sombres qui tranchent sur des fonds de couleur dense, sont autant de réponses plastiques à cet héritage culturel".  Le challenge de l’artiste est de conceptualiser ces éléments d’une pensée rhizomique permanente telle que la stature de l'Être Guadeloupéen, sa culture, la spiritualité du Gwoka et du Mas a Senjan et ses hommes, comme essence d’un art universel.

(source : www.cultures-outre-mer.com)





Et si l’espace muséal était une Kaz ? 



L’idée est de s’interroger sur l’espace muséal, ce qui l’entoure et les possibles médiations avec le “dehors”.
Repousser les contours de l’espace muséal, c’est lui permettre de s’identifier, d’exister à travers les relations qu’il tisse avec son environnement géographique, sociétal et culturel.
L’exercice consiste à mettre en exergue et à théâtraliser la Kaz. Il s’agit de reconsidérer les stratégies de mise en espace, de décrypter la conceptualisation de notre dedans, en opposition avec notre idée du dehors.
On y travaille, on y mange... tandis que la protection de l’intérieur, plus intimiste, permet de se représenter et d’affi- cher nos souvenirs.
Le salon, quant à lui, est un temple dédié à une notion singulière de la beauté.
Pleinement sacralisé, on n’y entre que si l’on y a été convié.
Petits objets, canapé soigneusement protégé et trophées divers racontent les anniversaires, les mariages, les naissances, les diplômes, les voyages et les absences qui, souvent, illustrent une vie.
Des reproductions de tableaux à caractère religieux, des images iconographiques, les regards et les sourires figés des enfants ou de la jeune mariée mélancolique.
Tout est minutieusement placé selon une mise en scène dont seule la maîtresse de maison détient la science.
Et puis, trônant seule dans cette effusion artistique, la poupée en plastique parée de sa robe en feuilles de banane séchées et vernies, majestueusement installée sur le canapé douillet, domine tous ceux qui tenteront d’usurper sa position suprême de “pòpòt salon”.
La poupée de cire empruntée aux salons poudrés de la colonie a, depuis longtemps, cédé la place aux doudous à “tèt maré” ou en feuilles de banane.
L’artiste Anaïs Verspan, à travers un exercice d’investigation et de scénarisation d’une “pòpòt salon”, va décrypter, extraire et révéler une “néo-esthétique”.

Joëlle MARVILLE & Anaïs VERSPAN


 

Dialectique du colonisé / colonisateur

Acrylique sur casque colonial





Mbali Dhlamini

@imbalidhlamini
cargocollective.com/mbalidhlamini



Mbali Dhlamini (née à Johannesburg en Afrique du Sud en 1990 ; Master de l’université de Witwatersrand, 2015) est une artiste et coordinatrice multidisciplinaire. Dhlamini s’engage dans des recherches visuelles, tactiles et discursives sur les pratiques culturelles indigènes. S’intéressant plus particulièrement aux pratiques décolonisées de la culture contemporaine, ses œuvres entament un dialogue permanent entre son passé et les paysages visuels actuels. S’efforçant de maintenir un état permanent de désapprentissage et de réapprentissage dans son processus, Dhlamini reconnaît le langage comme étant un mode de compréhension et un dépositaire du savoir.






Look into (titre provisoire)




Look into (titre provisoire) est une série de portraits coloniaux du XIXe siècle, remaniés numériquement, de différentes identités en Afrique de l’Ouest, portant des vêtements traditionnels, principalement en indigo. Ces images, qui existent pour la plupart aujourd'hui sous forme de cartes postales, sont réparties dans toute l'Europe sous forme de carte de visite. Dhlamini à étudié l’indigo lors d’une résidence à Dakar après un voyage en Casamance, au sud du Sénégal, pour y apprendre l’indigo traditionnel. Elle est retournée ensuite à Dakar et a récupéré ces images aux Archives Nationales et a eu l’inspiration de les rendre à nouveau visibles. En voulant supprimer le regard, elle colle et colore les images pour donner à voir ce qu’elle a peiné à trouver dans Dakar, alors l’indigo à aujourd’hui tendance à disparaître de ses rues. En nous demandant de regarder à nouveau, elle a choisi de travailler avec des traces de ce qui existe déjà dans les archives afin de chercher à décrire comment les personnes qui portaient ce tissu se représentaient.


Bomma





Bomma (terme utilisé pour décrire les femmes dans l'église) est une enquête sur la manière dont les mouvements apostoliques et sionistes utilisent la couleur pour explorer la foi et la spiritualité dans le but de négocier leur présence et leur espace. Une introspection sur la façon dont la couleur est utilisée dans les mouvements est passée des vêtements de mission blanche à un arc-en-ciel de couleurs qui envahit nos communautés les Dimanches. À la recherche d’un sentiment d’identité et d’un lieu d’appartenance, ces vêtements d’église aux couleurs vives ont rempli notre environnement de manière fantomatique; ils bougent et tourbillonnent dans l'espace.




Celestina




Amy Celestina Ndione est née en 1988 à Ziguinchor au Sénégal. Elle a fait des études à l'École Nationale des Arts de Dakar (ENA) où elle a obtenu un diplôme en graphisme en 2015.
La démarche artistique de Celestina  puise sa source dans le quotidien. À partir de sa routine personnelle, elle observe le monde qui l’entoure afin de l’analyser. L’artiste pose un regard sur la société et son expérience de tous les jours. À travers ses observations, elle crée un monde imaginaire à partir du réel.
"J’ai cette image qui est restée dans ma tête. Une image sombre du soir, où on voit une boîte rectangulaire illuminée avec des silhouettes à l‘intérieur. Avec des visages marqués, le regard perdu, le corps inerte collé aux autres comme une grosse pierre taillée. Et, en parallèle, un gros carré moins lumineux, mais bien confortable avec un gros mouton en costume cravate et qui porte son regarde dépité."







Ses Oeuvres




Mon travail en peinture  est une mise  en situation des usagers des transports en commun au Sénégal. Les encombrements, des polémiques, le traitement inhumain et des scènes d’harcèlement sexuel. Je travaille sur les transports en commun à Dakar depuis presque 2 ans. Les œuvres exposé font parti de deux séries: une faite ici à Dakar  et une autre faite à Montréal pendant ma résidence dans un centre d'art appelé Centre  d'Art et de Division CLARK. Dans cette dernière série j'ai comparé les transports de Montréal (Bus et Metro) à ceux de Dakar (Bus DDD et Tata).




Anna Karima Wane




Anna Karima Wane est une jeune diplômée de l’Université de Yale, où elle a étudié l’art, le film en particulier. Depuis qu’elle a fini ses études, elle a travaillé en tant qu’assistante en studio et vidéaste. Elle s’intéresse entre autres à des questions de genre et du corps.








Lexique

Installation-Vidéo

Lexique est constituée d’une installation-vidéo et d’un livre créés dans le cadre de mon projet de fin d’études, Black Women : self-care and self-love. Le livre est une collection d’écrits de femmes noires répondant à la question «what does it mean for you to be a Black woman ? » - « que signifie-t-il pour vous d’être une femme noire ? » Par cette combinaison, Lexique tente de créer de nouvelles définitions, un nouveau vocabulaire pour la représentation des femmes noires. Cette installation propose de nouvelles images de femmes noires. Dans celles-ci, ces femmes, Audrey, Daad, Malaika et Anita, regardent droit dans la caméra, explicitant qu’elles ne sont pas des objets dans cette expérience – elles sont engagées à part entière dans le processus. Avec chacune d’elles, nous avons tourné trois fois, et nous sommes engagées dans un dialogue fructueux autour de l’image. Elles partagent leurs impressions de ce processus collaboratif dans le livre. Le son qui accompagne la vidéo est une composition comprenant entre autres des parties d’interviews que j’ai conduites avec des femmes noires à propos de leur relation avec leurs cheveux.

L’installation est constituée de quatre vidéos, projetées sur les quatre murs d’une salle.